Deux entreprises sur trois diminuent leur consommation de matières premières pour des raisons environnementales
- Les entreprises voient les démarches environnementales comme une opportunité, au contraire des investissements sociaux qui sont vus comme une contrainte.
- Les difficultés administratives restent le plus gros frein à la mise en place de politiques en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
- Les entrepreneurs ne connaissent pas encore assez les aides et solutions qui sont mises à leur disposition pour les accompagner dans ces changements.
À l’heure où l’Europe réduit ses ambitions en matière de durabilité, UCM et CBC Banque ont sondé les entreprises et indépendants afin d’évaluer comment ils perçoivent les enjeux environnementaux et sociaux auxquels ils font face au quotidien. Cette étude comportait deux volets ESG (pour Environnement, Social et Gouvernance) : un sur les critères environnementaux réalisé par IPSOS pour CBC1 et l’autre sur les critères sociaux porté par UCM2. Si ces deux thématiques sont perçues différemment par les entrepreneurs, les difficultés rencontrées par les répondants sont, elles, assez similaires.
Des démarches environnementales de plus en plus intégrées
Pour 71 % des entreprises et des indépendants francophones sondés, les démarches environnementales sont davantage vues comme une opportunité plutôt qu’une contrainte. Beaucoup d’entreprises mettent d’ailleurs déjà des choses en place d’un point de vue environnemental. Le tri des déchets, par exemple, est mentionné par la quasi-totalité des répondants (87 %).
On constate également que deux entreprises sur trois diminuent leur consommation de matières premières alors que 62 % réduisent leur consommation d’eau.
Notons par ailleurs que plus d’un répondant sur cinq (23 %) calcule l’empreinte carbone de son activité. Ces démarches font partie d’une stratégie RSE chez 45 % des sondés.
« Voir que près de trois entrepreneurs sur quatre considèrent aujourd’hui les enjeux environnementaux comme une opportunité est particulièrement encourageant. Les chiffres montrent que ces convictions se traduisent déjà par des actions concrètes sur le terrain. L’enjeu est désormais d’aider davantage d’entreprises à structurer ces initiatives dans une véritable démarche RSE », note Sandrine David, Manager de la sensibilisation chez UCM.
L’environnement, un enjeu de réputation
Vu la volatilité des prix qu’on a connue ces dernières années, il n’est pas étonnant de constater que la hausse des prix de l’énergie est le principal sujet de préoccupation des entrepreneurs quand on parle de durabilité. Pourtant, seuls 54 % d’entre eux indiquent avoir rénové leur bâtiment pour en améliorer la performance énergétique.
De plus, les répondants sont particulièrement préoccupés par les lourdeurs administratives et les contraintes réglementaires, une problématique récurrente pour la population entrepreneuriale. Ils se soucient également beaucoup (62%) de l’image et de la réputation de leur entreprise en lien avec les démarches environnementales. Néanmoins, ils sont encore peu, seulement 13 %, à être fréquemment ou régulièrement interrogés par leurs clients sur les actions écoresponsables prises par leur entreprise.
« Les démarches sociales et environnementales font de plus en plus partie d’une réflexion globale sur la performance et la pérennité des entreprises. Les entrepreneurs sont prêts à investir, à condition d’y voir un retour clair, qu’il soit financier, commercial ou en termes d’image vis-à-vis de leurs clients ou de leurs collaborateurs. Simplifier les démarches et sécuriser le financement est donc essentiel pour accélérer cette transition » explique Stéphanie Coppée, Experte Entreprises RSE chez CBC Banque.
Le volet social, parent pauvre de la RSE
Contrairement au premier volet, les entrepreneurs perçoivent les démarches sociales au sein de leur entreprise comme une contrainte dans 68 % des cas, soit quasiment l’inverse des démarches environnementales. Beaucoup d’entreprises et d’indépendants mettent pourtant déjà des actions en place sur cette thématique. Presque tous (94 %) communiquent, par exemple, de manière transparente sur leurs valeurs.
Alors qu’ils sont remis en question dans de nombreuses entreprises, le télétravail et la flexibilité horaire restent proposés dans plus d’une entreprise sur deux (56 %). Idem pour l’élaboration d’un plan de formation ou de développement à destination des collaborateurs (55 %). Dans 79 % des cas, ces mesures ont été instaurées de manière ponctuelle, loin d’une démarche RSE globale.
Manque de temps, manque de moyens : les freins persistants
Si les enjeux environnementaux et sociaux ne sont pas perçus de la même manière, les obstacles rencontrés par les entreprises et les indépendants sont largement similaires. Les contraintes budgétaires et le manque de temps restent le principal frein à l’adoption de stratégies écoresponsables. 53 % pointent par ailleurs des difficultés à identifier des aides financières et 47 % des difficultés à trouver le bon interlocuteur.
Les entrepreneurs plaident donc logiquement pour un site internet regroupant toutes les informations nécessaires (74 %), des aides financières (73 %) et un guichet unique pour répondre à l’ensemble de leurs questions (69 %) afin de favoriser des démarches environnementales dans leur société. C’est précisément pour répondre à ces besoins qu’UCM a créé le Guichet de la Durabilité.
L’étude met également en évidence les facteurs susceptibles de déclencher le passage à l’action. L’aspect financier se positionne comme l’élément moteur principal pour les questions sociales : 87 % des entreprises et des indépendants se disent plus enclins à investir s’ils peuvent percevoir un retour clair sur leur investissement. Dans la même optique, 75 % pointent le maintien ou l’acquisition de clients et 62 % l’amélioration de leur image de marque.
Près d’un répondant sur deux se dit finalement prêt à investir pour développer davantage de politiques RSE. À condition, bien souvent, que ces démarches soient mieux accompagnées et d’y percevoir un retour sur investissement, à court, moyen ou long terme.
Le Guichet de la Durabilité, c’est quoi ?
Le Guichet de la Durabilité, initié par UCM grâce à une subvention du SPF Economie, est un service centralisé qui informe, sensibilise et oriente les TPME et indépendants wallons et bruxellois sur les enjeux de durabilité et les exigences ESG. Ce service propose un helpdesk centralisé, accessible à toutes les TPME et indépendants, qui fournit des informations de première ligne et redirige vers des experts ou des services spécialisés selon les besoins. Il vise à faciliter la transition durable des entreprises en leur offrant des ressources et des témoignages, tout en les aidant à naviguer dans la complexité des réglementations et à accéder à des financements ou subsides avantageux.
Plus d'informations sur www.ucm.be/guichet-durabilite (0800/17.327 – esg@ucm.be) et sur www.cbc.be/RSE.
Notre partenaire

Etude ESG - CBC Banque.pdf
PDF 821 KB
Etude ESG - UCM.pdf
PDF 355 KB
Maxence Paternotte
Gwendoline Hendrick
Antonio Solimando
Sandrine David
1 Etude CBC réalisée par IPSOS auprès d’un échantillon représentatif de 601 répondants wallons et bruxellois entre le 29/09/25 et le 27/10/25.
2 Etude UCM réalisée par mail auprès de 217 répondants wallons et bruxellois sur la même période.