Carte blanche : Un petit pas pour les PME, un grand pas pour la Wallonie

Bernard Keppenne, Chief Economist CBC Banque

Lundi 12 juin 2017 — En mai dernier, l’IWEPS (Institut Wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique) rapportait que les exportations wallonnes ont noué avec la reprise début 2017. Sur un an, la hausse en janvier (moyenne sur trois mois) s’inscrivait en effet à 12.7 %. Cette tendance très encourageante pour le sud du pays s’illustre également au travers d’une récente étude commandée par CBC Banque & Assurance au Bureau GFK et menée du 28 mars au 14 avril 2017. 

Les indicateurs au beau fixe

A l’occasion de cette étude, 107 CEO et CFO ont été interrogés sur la santé actuelle de leur entreprise, leur perspective de croissance et surtout leur rapport à l’exportation. Parmi cet échantillon représentatif du tissu industriel wallon, 66 % des entreprises comptent entre 10 et 49 employés, 29 % entre 50 et 199 employés et 5 % plus de 200 employés.

Près de 9 entreprises wallonnes sur 10 (87%) s’annoncent ainsi optimistes quant à leurs perspectives d’affaires sur le court terme. Ce premier constat rejoint totalement le climat positif que l’on observe en Europe avec des indices PMI (Indices de confiance des entreprises dans le secteur manufacturier et celui des services) qui se situent en moyenne à leur niveau le plus élevé depuis six ans.

Le commerce extérieur a le vent en poupe

6 PME sur 10  ont par ailleurs choisi de se développer grâce à l’exportation et 15% d’entreprises supplémentaires se sentent pousser des ailes et souhaiteraient se développer à l’international dans un avenir proche. Celles qui ont déjà franchi le cap, récemment ou depuis un bon moment déjà, estiment qu’en 2017 les exportations vont leur permettre d’augmenter leur chiffre d’affaires et cela pour une grande majorité.

Et si l’innovation et la diversification de leurs activités sont des vecteurs essentiels pour assurer leur croissance future, les exportations sont considérées avec le même degré d’importance.

Les entreprises intègrent les risques à l’export

Bien évidemment, et c’est une tendance que l’on observe pour l’ensemble de la Belgique, nos PME wallonnes exportent d’abord majoritairement vers les pays de l’UE (92%). Par contre, la première destination en dehors de l’UE est l’Afrique avec un taux de 53 %, suivie des États-Unis à 50 %, de la Chine à 34%, de l’Amérique Latine à 36% et de l’Inde à 29%.

Ces chiffres sont encourageants, mais évidemment pas encore suffisants, car nos entreprises restent encore trop frileuses à la grande exportation. Et même si l’UE renoue avec la croissance, les marchés émergents comme celui de l’Inde ou du Bengladesh offrent un potentiel de croissance plus élevé.

Les freins au commerce extérieur sont bien connus. Il est d’ailleurs bon de rappeler que parmi eux, les trois principaux sont le manque de connaissances administratives et juridiques, les coûts de l’export et les risques d’impayés. Cette conscience des risques liés à l’exportation incite donc une majorité d’entreprises (83 %) à couvrir leur risque de change, risque qui est majoritairement en dollar.

Il ressort donc de cette étude menée par GfK pour le compte de CBC Banque & Assurance que nos PME wallonnes pourraient pleinement profiter de la reprise en zone euro et sont prêtes à investir pour s’internationaliser plus encore. Le contexte économique est particulièrement porteur et après une année 2016 en hausse pour les exportations wallonnes, 2017 devrait aller un pas plus loin et s’inscrire sous le signe de la conquête. Et surtout, dans cette logique, retenons que chaque petit pas compte pour la Wallonie.